samedi 21 novembre 2015

Novembre sombre, le naufrage des jours

Wyldraven - deviant art

 

Et il semblait tout à fait normal qu’on s’attaque à l’épouse et à l’enfant dont le père avait été fusillé en novembre 1917 avec ses camarades qui avaient refusé de monter à l’assaut de Perthes-les-Hurlus, dix fois repris et reperdu, où près de cent quarante mille « Poilus » étaient morts pour rien, car l’endroit n’avait aucune valeur stratégique et on ordonnait ces boucheries inutiles uniquement pour entretenir le moral de la Troupe ». La guerre était finie. Mais là, durant des mois, des années, après chaque attaque imbécile et meurtrière ordonnée de loin par le Boucher des Hurlus, on avait pu entendre hurler, non pas les loups, mais les hommes dans leur agonie entre les lignes, d’où personne ne pouvait les relever.
Jean Amila, Le boucher des Hurlus

Cinq soldats français ici reposent,
morts leurs souliers aux pieds, à la poursuite du vent,
le nom du lieu : où se fanent les roses
et, une date : il y a longtemps.
Sébastien Japrisot, Un long dimanche de fiançailles

 

 Le croassement des corbeaux est le premier signe de la désolation qui est tombée sur le pays de Lozère. Engourdis, les autres bruits ne répondent pas à cet appel lugubre, dans une aube obstinément obscure comme un crépuscule. Une lumière laiteuse oblige le jour à s’extirper péniblement de sa torpeur fiévreuse. Le brouillard s’étire en toiles pesantes, fantasmagoriques haillons tissés par de grasses araignées velues. Les arbres nus étendent leur branches décharnées, semblables à des squelettes qui perdraient goutte à goutte leur dernier sang. Pourriture et moisissure partent à l’assaut de tout ce qui survit pour l’immobiliser dans une repoussante putréfaction. A chaque recoin de village, des murs moussus suintent d’ennui et d’humidité. Le granite prend son aspect lourd et froid, transformant les demeures en d’impressionnants tombeaux, aidé par la grisaille des lauzes et des lichens, et la noirceur des basaltes.

L’air glacial retient les fumées qui ne sortent qu’à contrecœur des cheminées, étendant au ras des sols vitreux d’acres lambeaux vaporeux, mêlant au poisseux de l’atmosphère une lourdeur maladive. Des roquets efflanqués à l’haleine fétide et empestant le poil mouillé surgissent de cours délabrées, jetant aux rares passants leurs aboiements caverneux. La vue s’écorche sur les barrières de bois vermoulu écroulées et sur les barbelés rouillés qui surveillent des chemins boueux et défoncés partant se perdre vers d’inquiétantes destinations, sombres forêts et landes désertes. Dans les lieux habités, quelques improbables silhouettes aux épaules voûtées comme pour se protéger d’un environnement incertain, filent d’un pas pressé. Embusquées dans leurs longs manteaux aux cols relevés, elles se glissent dans des traverses à peine discernables sous les tristes halos lumineux pendants des lampadaires qui gardent les ruelles d’une haie de potences. Des fenêtres embuées des maisons toutes grises s’échappent des regards vides, angoissés ou craintifs, figés en d’inaudibles plaintes, avant d’être masqués par la bruine qui trouble les carreaux.

La pluie assourdit tout de battements arythmiques, tels ceux d’un cœur fatigué. Seul l’écho de l’eau dégoulinante transperce les baillons. Un silence pesant enserre peu à peu d’une camisole ce jour sordide qui s’éteint, résigné, dans l’allée des soupirs d’une sonnerie aux morts. L’obscurité de la nuit va draper dans son linceul noir d’un velours hermétique et étouffant, les impressions fugitives mais tenaces de peur instinctives, avant de faire résonner du bruit sinistre des ferrures et battants des portes d’église, le couvercle de son cercueil.



Lozérix – Cachet d’aspleen d’un novembre grippant le beau de l’air

Des arbres effeuillés, assombris par novembre, tendent leurs implorantes branches amaigries vers le ciel,
quémandant en une lancinante mais vaine prière un peu de chaleur et de lumière au Dieu Soleil, divinité vaincue
Crédit photo : Lozère Sauvage
Cliché pris dans la forêt du Goulet durant l'automne

La page Lozère Sauvage  expose de nombreuses photos de Lozère. Les choix des sujets et le travail du photographe sont remarquables. Les différents paysages qu'offre la Lozère s’en trouvent sublimés.

dimanche 15 novembre 2015

Les balles des gens pires


Enseigne gauloise stylisée
Ces gens sont pires que tout. Leurs balles ont encore tué en France le 13 novembre 2015. Le pays est donc en guerre. Guerre difficile car l’ennemi n’agit pas en soldat, il n’a pas d’uniforme, il est sans visage, il frappe les civils en se fondant parmi eux. Il ne respecte pas les lois de la guerre - pour autant qu’il y ait des lois de la guerre -, il est si vil. Ces terroristes, à priori (dé)formés en Syrie, sont nés et ont été élevés en France ou en Europe. Ce qui pose quand même quelques questions. Pourquoi tant d’angélisme envers des lieux de cultes identifiés comme lieux de prêches radicaux et extrémistes ou l’on forme d’étroits mosquétaires potentiellement dangereux (1) ? Pourquoi tant de tolérance envers des manifestations au cours desquelles des paroles d’une violence inouïe sont prononcées contre les femmes notamment et juridiquement condamnables (2) ? Pourquoi tant de permissivité quand un prêtre endoctrine des jeunes avec des propos sectaires et rétrogrades (3) ? Il va aussi falloir sortir de cette atmosphère de compassion déplacée, de repentance dégoulinante et de laxisme coupable si l’on veut vraiment se mettre dans un état d’esprit « guerrier ».

Si la France est en guerre, alors de fait la Lozère l’est aussi. Heureusement, notre brillante civilisation de moyenne montagne issue des populations de chasseurs-cueilleurs préhistoriques, puis des tribus celtes et enfin de cette population d’agriculteurs romo-gaulois est bien protégée. Ces gens qui nous attaquent n’aiment pas la vie et encore moins la joie de vivre. Ils n’aiment pas les plaisirs, la musique, l’alcool, la boustifaille, et ils détestent par-dessus tout la charcuterie et l'alimentation basées sur le cochon. Les lozériens sont donc parfaitement armés pour se protéger de ces sbires épandeurs de sang comme les transylvaniens savaient se protéger des vampires buveurs de sang. Il faut pendre aux arbres et aux lampadaires des chapelets de saucisse sèche et de jambons, clouer des saucissons aux portes des maisons, adouber le boudin, manier les manouls, fracasser les fricandeaux, en découdre à la coustellade, avoir foi dans le pâté de foie… Bref il faut être prêt à larder l’ennemi,  à brandir le sauciflard comme un lance-rosette, se battre avec ses tripoux, montrer que les andouillettes arrêtent ces andouilles, que nos paupières ne pleureront plus mais que nos paupiettes leurs cloueront le bec, et qu’au final notre potée leur mettra la pâtée.

Lance-rosette et son projectile

 On peut être sur que d’autres régions, naturellement armées elles aussi se joindront à la lutte et à la reconquête, avec des munitions telles que les saucissons de Lyon, d’Ardèche ou de Morteau, les andouilles de Vire ou de Guéméné, les saucisses de Montbéliard ou de Strasbourg, les massues redoutables et naturelles que sont les jambons des Ardennes, d’Auvergne, de Bayonne, de Paris ou de Vendée. De même, sur le modèle des brigades canines, le Gévaudan a depuis longtemps mis sur pied des brigades suidéines composées de sangliers mâles dont les canines sont très affutées. Grâce au renfort de ces mammifères aux pattes en onglons, les crétins du désert vont se faire onguler.

La charge de la suidéine légère

 D’ores et déjà, dans tous les établissements scolaires, les élèves apprennent le maniement de notre arme traditionnelle, la sarbacane (bouffadou en patois) qui projette des fléchettes empoisonnées au saindoux.

De tous nos ports d'attache partiront des porcs d'attaque. La Lozère sera l’hallali de la lie d’Allah.

Lozérix -  Antipode du muet zen

1 - Le Figaro, juin 2015
2 - Metronews, septembre 2015
3 - Télégramme de Brest, septembre 2015


Les nouveaux gardiens de notre civilisation