samedi 15 mai 2021

Les monuments mégalithiques de la Lozère

La pierre est un dos fait pour porter le temps
Federico Garcia Lorca

 

Les éditions Hachette Livre et la BNF rééditent le livre d'Adrien Mortillet, initialement paru en 1905.
 

Extrait :
Malgré leurs modestes proportions, dans la Lozère, comme partout ailleurs, les monuments mégalithiques sont fréquemment attribués par la tradition populaire à des géants. Nous avons vu à Balsièges, à Saint-Georges-de-Lévejac, à Saint-Préjet-du-Tarn des dolmens et à Chanac un menhir appelés le Géant (lou Geion ou Geoyon). Il y a aussi : le Lit du Géant (Liech del Gean), à Aliène ; la Grotte des Géants (Baoumo des Geons) et la Tuile de la Géante (Tioulo de la Geonte), à Balsièges ; le Tombeau du Géant, à Marvejols. Deux autres dolmens, un à Puylaurent et un à Saint-Frézal-d'Albuges, portent le nom de : Palet de Gargantua. Puis viennent les Fées, qui jouent également un rôle important. Le dolmen de Saint-Hélène est nommé : le Fuseau des Fées (Bertel de las Fados) ; un de ceux qui ont été indiqués sur le territoire de Marvejols : la Cave aux Fées ; un troisième, à Saint-Pierre-des-Tripiers : le Clapier des Fées (C lapas de las Fados), également connu sous le nom de Clapier des Magiciennes ou Sorcières (Mascos). La Tombe des Anglais, au Monastier, rappelle le souvenir fortement enraciné des ravages commis par ces derniers dans la contrée, au xive siècle. A La Tieule et dans les environs, les dolmens reçoivent le nom de Cibournios, appellation qui semble avoir quelque rapport avec le vieux mot cihory, signifiant charpier. Dans d'autres endroits on les appelle des Chazelles (Maisonnettes). Nous avons cité, entre autres, la Chazelle de Notre-Dame, à Chirac. On désigne encore les dolmens sous le nom de Tombeaux des Poulacres. Ce dernier mot semble être synonyme de Polacre (Polonais). Voir sur le site Bnf Gallica.
 

Sur l'auteur, Adrien de Mortillet, voir la nécrologie de la Société préhistorique de France (dont il fut membre fondateur) sur la base Persée

samedi 7 avril 2018

Le poil de la Bête

Cette clairière, au fond de la forêt de Sang, n’avait jamais vu les Romains. Pour traverser ses halliers et ses marécages, braver ses eaux invisibles, il fallait connaître les passages mystérieux, parfois souterrains, les pistes sans nombre tracées par les fauves. La séjournait Ambor le Loup, avec sa femme, ses enfants, ses serviteurs, ses chevaux, ses sangliers et ses chiens. On y trouvait aussi un ours et un loup domestiqués. Ambor avait d'autres demeures. Celle-ci était sacrée. Depuis mille ans sa race en faisait sont fort ; aucun ennemi n'y avait pénétré.
Ambor le loup, J-H Rosny Aîné



La Bête du Gévaudan
Gilles Milo-Vaceri
éditions du 38, février 2018


Présentation de l'éditeur
Le commandant Gerfaut est en vacances quand son assistante le prévient qu'un meurtre atroce vient d'être commis en Lozère, dans la famille son second adjoint. L'expert des tueurs en série doit élucider un assassinat si horrible que le légiste hésite à se prononcer sur l'origine des blessures. Les gens de la région, soutenus par une association d'éleveurs, accusent déjà les loups et des émeutes sèment la pagaille dans l'enquête. Mais les meurtres se poursuivent ! La population évoque alors le retour de la bête du Gévaudan, cet animal mystérieux qui avait terrorisé la Lozère au XVIIIe siècle. Coincé par la guerre entre éleveurs et défenseurs du loup, faisant les frais des ambitions politiques de certains et confronté à un tueur non identifié que rien ne semble pouvoir arrêter, Gerfaut doit gérer une situation de crise en s'appuyant sur son instinct. La solution se trouverait-elle dans le passé ? Et si la bête du Gévaudan était vraiment de retour ? Le commandant Gerfaut va montrer les crocs et sa morsure sera fatale.


Le livre commence très bien, puisque dès le titre, l'auteur gratifie sa "Bête" d'un B majuscule, marque de respect envers cette figure lozérienne devenue légendaire. Le portrait qu'il dresse dans son livre est par contre celui d'une créature bien moins recommandable.

En un machiavélique ping-pong, le livre s’ouvre sur les pensées du prédateur en chasse auxquelles répondent les angoisses d’une jeune fille qui regagne son domicile après sa journée de travail, préoccupée à l'idée de passer par la forêt à la tombée de la nuit. En écho, le commandant Gabriel Gerfaut apprend que la cousine d’un de ses adjoints vient d’être assassinée. La victime porte de si terribles blessures que le médecin légiste hésite sur leur origine. Elles ne peuvent pas avoir été causées par un loup ou un chien car les traces de morsures indiquent une mâchoire démesurée et d'une très grande puissance. Le temps pour le policier de rentrer à Paris, il y a déjà une seconde victime, une adolescente de seize ans. A son arrivée en Lozère, on comptera un troisième décès, un berger et trois brebis.

Dès le début de l'enquête, Gerfaut et son équipe vont être confrontés à Xavier Delpuech, un notable aux ambitions politiques affichées et fondateur de l'ADEL (Association Des Éleveurs Lozériens) et aux éleveurs membres de cette association, pour qui tout indique que le loup est responsable des attaques. A ses côtés il y a le procureur Chabanier, homme solide qui ne se laisse pas impressionner, le capitaine Delamare et le lieutenant Vidal, tous deux de la Section de Recherches de Nîmes. Même si Gerfaut est un spécialiste des tueurs en série et des crimes qui sortent de l'ordinaire, la traque du meurtrier reste difficile et il doit constamment manœuvrer entre éleveurs accusateurs du loup qui ne reculent pas devant la violence (1), et défenseurs du loup qui croient celui-ci hors de cause, jugeant sa présence en Lozère sujette à caution (2). Une partie de la population craint quant à elle d’assister au retour de La « Bête du Gévaudan », voire d'un loup-garou. S’il ménage les membres de son équipe et les familles des victimes, il est nettement moins conciliant avec les membres de l'ADEL.

Attaques pour lesquelles le loup est suspecté ou innocenté.
Direction Départementale des Territoires Lozère 2015


Gerfaut sera épaulé par deux personnages originaux, une jeune femme vétérinaire-expert, spécialisée dans les morsures de prédateurs et un écrivain criminologue qui, après dix années de recherche, prépare un ouvrage sur la « Bête du Gévaudan ». Sa parfaite connaissance des crimes de la première « bête », celle qui terrorisa le Gévaudan au XVIIIe siècle faisant de lui un soutien aussi savant que précieux.

Sur les pas de la Bête de Gilles Milo-Vaceri


L'affaire se déroule entre le 4 et le 12 juin 2017, sur une zone autour d’une ligne allant de Saint Etienne de Lugdarés en Ardèche à Prinsuéjols en Lozère, soit dans un périmètre autrefois foulé par "la Bête", même si son territoire de chasse était centré plus au nord. Les lozériens n'apprécieront pas forcément les quelques traits décochés par l'auteur à leur encontre. Il voit la campagne et les espaces ruraux peuplés de gens aussi méfiants que taciturnes et peu ouverts aux étrangers, l'étranger étant celui qui vit hors de la Lozère. Cette description est héritée d'un autre age, pas si ancien peut-être, mais même nos hautes-terres ne sont plus aussi hermétiques aux chocs historiques et aux évolutions du monde. Certes, le lozérien est réputé pour son caractère d'ours, volontiers ombrageux et parfois sauvage, mais sous son épaisse carapace il dissimule beaucoup de générosité de cœur, même si en bon auvergnat (3) il est plus économe du porte-monnaie. Le fait qu'il soit discret et peu enclin à se répandre ne doit pas être entendu comme une culture du secret, simplement, avant de se mêler d'une sombre affaire, il attend de pouvoir en distinguer clairement les contours. De même, les portraits des nobliaux, s'ils on longtemps tenu le Gévaudan puis la Lozère sous leur coupe, les temps changent. Ceux qu'on a nommé les "maîtres de granit" sont victimes des disparitions de lignées, de l'usure du temps, et de la saine remise en cause de vielles légitimités aujourd'hui sans fondement. L'influence qu'avait ces élites par leur richesse ou leur prestige, sur la vie sociale et politique des masses paysannes de ces terres pauvres a fondu comme neige au soleil. L'idée qui semble avancée par l'auteur que les riches éleveurs pourraient reprendre cette domination est peu crédible et démentie par les faits. Jacques Blanc, dernier représentant de ces lignées a été remplacé par un élu qui n'est même pas natif du département.

Tout ceci n'entache en rien l'intérêt du livre qui est une excellent thriller.


Lozérix, Chœur de loups et Bête à carreaux teints.


(1) L'auteur fait peut-être référence ici à l'attaque par des éleveurs des locaux de l'association ALEPE à Balsiège, à côté de Mende en 2015. Six d'entre-eux seront condamnés à 1 mois de prison avec sursis.
(2) La présence du loup est attesté en Lozère depuis 2014. Il lui est même arrivé de s’approcher très près de maisons comme à Saint Étienne du Valdonnez en janvier 2015.
(3) Pléonasme ! 

Le "faux" procès du loup au tribunal de Florac en 2015
a été le théâtre de vraies plaidoiries, preuve que l'animal est loin
d'être en pays conquis

samedi 16 décembre 2017

La bête humaine

" - Un homme seul ne survit pas dans la montagne...
...- Je ne suis pas un homme."
Catherine Hermary-Vieille, La bête



La bête
Catherine Hermary-vieille
éditions Albin Michel,  janvier 2014


Au XVIIIe siècle, dans le petit village de La Besseyre-Sainte-Marie, en Gévaudan (1), on a moins peur des loups, que l’on sait traquer depuis longtemps, que du Diable. Le village ne compte qu'une centaine d'habitants, tous cultivateurs ou éleveurs à l'exception du cabaretier, du sabotier, du curé. Des hommes et des femmes durs à la peine et au mal, peu causeurs, aux colères brutales et aux rancœurs tenaces. Ce Diable, seul le père Chastel (2) sait le tenir à distance avec ses potions et ses amulettes. On respecte, on craint cet homme qui détient tant de « secrets ». Mais lorsque la région devient la proie d’un animal aussi sanguinaire qu’insaisissable, comme vomi par l’enfer, le sorcier reste impuissant. La perte de ses pouvoirs serait-elle liée au retour de son fils Antoine, jeune garde-forestier parti vers le Sud en quête de rencontres et d'une vie meilleure. Ses errances vont le mener à Marseille, où il sera engagé sur un navire marchand faisant voile vers Tripoli. Mais des barbaresques se lancent à l'abordage de l’embarcation et massacrent son équipage. Devenu esclave et gardien de fauves à Alger, torturé, émasculé, Antoine va bientôt développer un profond goût pour le genre humain. Cet étrange garçon solitaire et sauvage parvient à s'échapper des geôles du dey d’Alger et rentre sur sa terre natale. (Résumé de l'éditeur).

Ancien cimetière de Nozeyrolles - Haute-Loire
Photo LZX, 2017


Nous ne sommes pas dans le roman d’Émile Zola, La bête humaine, de la série des Rougon-Macquarts, entre Paris et Le Havre au XIXe, mais plus au sud ou sévissait, 100 ans plus tôt, un bougon macabre.  Point d'hérédité alcoolique dans ce roman, mais des similitudes entre les protagonistes, Jacques Lantier de Zola et Antoine Chastel de Catherine Hermany-Vieille. Les deux souffrent d'une folie homicide, éprouvent un profond mal-être s'accompagnant de pulsions meurtrières auxquelles ils n’échappent pas. Le désir physique d'une femme s'accompagne  chez eux d'un irrésistible besoin de la tuer.

À la frontière du mythe et de l’Histoire, Catherine Hermary-Vieille revisite la légende de la Bête du Gévaudan en explorant notre part secrète de férocité et de sauvagerie. Un roman fascinant qui sonde les plus obscures pulsions humaines. En mettant en scène la famille Chastel, elle reprend la thèse plusieurs fois évoquée de l'implication directe de Jean, le père, qui serait non pas le héros qui tua la bête, mais le meneur d'un animal dressé à tuer, même si elle choisit pour sa part de faire tenir le très mauvais rôle à Antoine, le fils cadet. Les villageois et habitants des environs font régulièrement appel à Jean pour tenir en respect le surnaturel et le diabolique encore bien présent dans les croyances, ce qu'il fait grâce à ses potions et à ses amulettes.
" Jean Chastel respectait les chats. Même s’ils pouvaient être les auxiliaires des sorcières avec leur regard d’un vert ou or profonds, ils étaient aussi porteurs de singuliers présages. Qu’un chat saute sur le lit de son maître ou de sa maîtresse malades annonçait que ceux-ci allaient bientôt mourir. Qu’on enduise ses pattes de saindoux le jour d’une naissance, et le nourrisson jouirait d’une bonne santé. Le sang coulant de la plaie laissée par la queue sectionnée d’un chat aidait les membres brisés à se ressouder. Pour le Masque, le chat était un allié, certainement capable d’évoquer les pouvoirs des ténèbres, mais point lui-même maléfique ".
Respecté et craint pour ses pouvoirs,  c'est un être secret qui s’est renfermé sur lui-même après la mort de sa femme. Antoine a hérité de ce caractère taiseux. Abandonnant son père et son frère, Antoine s’embarque pour un voyage qui s’achève dans les geôles du dey d’Alger. Lorsqu’il rentre, il n’est plus le même. C’est alors qu’une mystérieuse bête qui semble tout droit sortie de l’enfer commence à s’attaquer aux bergères.

L'écriture est brute, sauvage et violente. Elle est le reflet de cette bête qui hante les forêts de Margeride et du Gévaudan. L'auteur transmets très bien l'ambiance quelque peu fantastique qui se dégage de cette nature foisonnante, épaisse, sombre, enivrante mais aussi lumineuse, protectrice et source de vie.
" Les vieilles légendes transmises par les ancêtres au coin de l'âtre lors des veillées construisent un monde fantastique qui envoûte les petits enfants leur vie durant. Au monde du soleil s'oppose celui de la lune, au royaume de Dieu celui du Diable, au visible, au palpable l'invisible, le nébuleux ".

Cette forêt avec ses gorges, ses grottes, ses abris, ses amas de rocs, Antoine la connaît par cœur, il y est chez lui plus que dans la maison de son père. On découvre petit à petit, avec un suspens maitrisé, la transformation de l'homme, dépouillé de sa dignité et de son humanité, qui sombre et se noie dans une folie qui va au delà de la bestialité. Il ne lui suffit pas de tuer d'une façon primaire ou instinctive, mais il lui faut s'acharner, savourer, défier et prouver sa suprématie. Les traces qu'il laisse sèment la terreur et révèlent un criminel qui n'est plus capable d'émotion, de compassion, et encore moins de sentiment. On bascule avec lui du côté le plus obscur et terrifiant de l’âme humaine pour rencontrer une des pires monstruosités qu'elle peut abriter.
" En mai, on a enterré dix cadavres. Dans les cimetières, les herbes folles poussent entre les tombes, sur la terre fraîchement remuée. La cloche funèbre qui sonne au loin procure à Antoine une sorte d'ivresse. Face à la vallée, il lui arrive de hurler comme un loup ".

Tags modernes évoquant encore la Bête : "Le loup est innocent "
Entre Auvers (Haute-Loire) et Saint Privas du Fau (Lozère) - photo LZX, 2017


Les auteurs qui abordent directement ou indirectement l'histoire de "la bête" du Gévaudan se partagent toujours entre les tenants d'un coupable animal, et ceux, comme Catherine Hermary-Vieille qui pensent que tous ces crimes portent l'empreinte d'une intervention humaine. A travers sa légende, la Bête qui fait parfois figure d'une résistance aux pouvoirs en place (monarchie, église) est devenue l'animal totémique de la Lozère. A ce jour, par son exploitation économique et touristique, du Malzieu à Saugues, de Marvejols à Langogne, la Bête aura nourri plus d'hommes qu'elle n'en a mangé.

Lozérix - Appât de loup et leurre grave


(1)  Aujourd'hui en Haute-Loire
(2) Jean Chastel dit Le Masque (1708 - 1789)





samedi 25 avril 2015

Les médiévales du Malzieu

Affiche officielle de l'édition 2015
15, 16 et 17 mai 2015

Pour la 4e fois, l'ost, des mercenaires, des soldats, des chevaliers, des fantassins, des archers, des troubadours, des artificiers, et qui sait peut être aussi des écorcheurs, des lansquenets et des troupes de rouleurs, des anglais en heaume sweet heaume, tous vont débarquer en Margeride pour la grande baston hébergée au Malzieu. Chacun fourbi ses armes, les épées s'affutent et les armures murissent, les casques caquettent, les arbalètes s’apprêtent et les lances s'enlacent en faisceaux. Les effrontés son prêts à fondre sur la ville et prendre les murailles d'assaut.

Qui se souvient aujourd'hui que l’étymologie du nom Malzieu vient d’une forme ancienne du pluriel de mauvais œil. Ceci car dans des temps très reculés, l’endroit était le lieu de rencontre des ovates, bardes et druides de la région. Ces prêtres, guérisseurs, sages, poètes, érudits ou chamans y tenaient réunion à chaque année nouvelle, lors de la fête de Beltaine, le début du printemps chez les Celtes. Y venaient, entre autres, des représentants des tribus arvernes, vellaves, ruthènes, gabales. Ápecagenos-le-Gabale qui avait sa clairière assez proche, à Chassignoles, y a longtemps représenté nos ancêtres lozériens.

Ces druides jouissaient d’un grand prestige et avaient, de par leurs connaissances étendues dans de nombreux domaines, une grande influence sur la vie sociale et politique. Il était donc primordial pour les premiers missionnaires chrétiens en charge de l’évangélisation de contrer leur pouvoir. Ceux-ci décidèrent de mettre un coup de pied aux cultes païens. Et quoi de plus simple que de changer leurs clergés en sorciers, mages et autres nécromants, à qui on prêterait des pouvoirs surnaturels, la pratique de sacrifices humains et une adoration du diable. Ainsi rebaptisés, les druides dégageaient une forte odeur de souffre et la prudence, condition de leur survie à moins de passer sur le bucher, leur recommanda de disparaître et de se faire oublier du nouvel ordre religieux. En conséquence, Le Malzieu, originellement lieu de rendez-vous de personnages savants et cultivés, prit ainsi une nouvelle notoriété, celle d’avoir abrité les agissements coupables de ces enchanteurs, magie noire, sorcellerie, envoutements et autres agissements sabbatiques, sataniques, peu sympathiques et porteurs des mauvais œils, ou « mals yeux ».

Menhir de Pinjo Chabre - photo LX

On trouve également à proximité du Malzieu plusieurs traces de la civilisation mégalithique qui a marqué la Lozère, les menhirs de Pinjo Chabre à Mazeirac et le Pouor Negro de Jullianges. Ces pierres, levées il y a plusieurs millénaires, inspiraient elles aussi des cultes liés à la fécondité, réprouvés par le christianisme. Et comment ne pas citer, dominant les gorges de la Truyère, un effondrement de rochers, connu comme la porte des fées, dont la légende prétend qu’une jeune fille qui la passe à minuit, sous la pleine lune, se mariera dans l’année. Abominable pratique païenne qu’il convenait d’éradiquer.

La porte des fées - photo LX

Ce magnifique village fortifié traina longtemps cette injuste et injustifiée renommée. La présence, entre les années 1764 et 1767, dans les environs immédiats du Malzieu, de Jean Chastel, personnage central de l’affaire dite de la « bête du Gévaudan », individu particulièrement louche et à la conduite extrêmement suspecte, a contribué à la raviver quelques temps.

 
Dans ce costume, tu tombes, tu es mort ! Ouvre-boite obligatoire pour l'enlever
Médiévales 2013 - photo LX

Ripailles, médiévales 2013 - photo LX

Le nom resta mais fort heureusement l'histoire de ses origines tomba peu à peu dans l’oubli, ce qui n’est que justice car elle était absolument imméritée. Aujourd’hui Le Malzieu est un endroit unique en Lozère, une petite Carcassonne-en-Margeride, riche d’une architecture multiséculaire et préservée. Un lieu idéal pour y célébrer des médiévales, avec force ripailles, combats, tavernes, ribaudes, le tout au rythme des luths, vielles à roue, cabrettes et sacqueboutes. Fortes du succès et de l’expérience engrangés lors des éditions précédentes, les médiévales du Malzieu sont un rendez-vous festif et culturel incontournable du moi de mai lozérien.

Tout est bon dans le cochon : c'est un esthète de l'art
Médiévales 2013 - photo LX
Le luth (électrique) final, médiévales 2013 - photo LX

Site officiel

Lozérix - Moyen-âge de déraison et baston de berger 

samedi 21 février 2015

La Lozère est-elle une réserve d'Indiens ?

Armoiries de
Sainte Colombe de Peyre
Un village sans feu signifiait un village mort. On ne recensait pas les individus, mais les feux. Le feu était à la maison ce que l'âme était au corps. 
Michel Ragon, Les mouchoirs rouges de Cholet





On évoque souvent la Lozère comme une possible réserve d’Indiens. C’est une crainte pour les uns, une réalité pour les autres, un espoir pour la troisième catégorie, ceux de la quatrième dimension qui représentent un cinquième de la population titulaire d’un sixième sens.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un Indien ? Il faut revenir en 1492 lorsque Christophe Colomb rencontre l’Amérique. Car, il s’agit d’une rencontre et non d’une découverte, l’Amérique était là depuis toujours et ne jouait pas à cache-cache avec le reste du monde. Colomb descend de sa caravelle et aperçoit sur la plage les premiers indigènes. Sur d’être aux Indes, il déclare : et voici les habitants de l’Inde, les Indiens. Il aurait aussi pu dire, voici les d’Indons, les habitants d'Inde, et faire une farce. Les autochtones, eux ne sachant pas à qui ils ont à faire mais surs de ne pas être des Indes, sont indécis. Des indécis heureux qui ne le resteront malheureusement pas longtemps, un tragique futur en fera d’amers Indiens, 1492 marquant pour eux la première attaque du cancer de Colomb. Pour ajouter à la confusion de ce moment historique, une pirogue de pygmées égarés vient à passer entre les Américains et Colomb, et tous de s’interroger : et eux, ce sont des nains d’où ? Cette histoire des Indes où Colomb fut induit en erreur résonne toujours dans le vocabulaire actuel, plus comme paiement de l’indu que comme rançon de la gloire. D'autant que si l'indu se trie, la gloire est globale.

Pointant du doigt ses demandes de titres disproportionnées, les Rois catholiques Isabelle I de Castille et Ferdinand II d'Aragon mettent Colomb à l’index. Il s’en retourna donc par un trajet qui n’était pas l’Inde-Rome, mais l’Amérique-Espagne, la route du rhum d’aujourd’hui. Il rentra de ces Indes, finalement nommées Nouvelle-Espagne, à la saison des châtaignes, ce qui fit dire que Colomb rentra d’Inde aux marrons. Il se consacra alors à faire du tourisme en Europe, notamment en France et particulièrement en Lozère où il séjourna plusieurs mois, dans un hameau de la Terre de Peyre qui garde son nom, Sainte Colombe de Peyre. La tradition orale locale témoigne des paroles déplacées prononcées par le découvreur lorsqu’il vit ses premiers autochtones : et voici les habitants du Gévaudan : les bêtes. Nouvelle indélicatesse pour laquelle on eut bien raison de crier au loup.


Un indien en Lozère - Le pacte des loups

 

Est-ce Colomb qui à cette occasion introduisit des Indiens en Lozère ? Rien ne permet de l’affirmer. La seule certitude est qu’il nous apporta le dindon, volaille qui intègrera rapidement les basses-cours locales. Les cuisinières lozériennes servent aujourd’hui de la dinde farcie, l’hiver par temps froid, de neige ou de pluie, car, même sous un imperméable, il faut bien que le gabale dîne. Une hypothèse alternative est avancée par un autre Christophe, Christophe Gans, cinéaste fils d’Abel Gance, dans son film Le pacte des loups, ou l’on voit un Indien participer à la traque du monstre du Gévaudan. Mais comme il décède à la fin, que c’est un Mohican et que c’est le dernier, cette piste indisponible ne peut être suivie. Autre indice, un film d'Hervé Palud en 1994 montre un indien dans Villefort, mais, indubitablement, il s'agit d'un jeune amazonien en villégiature, et l'absence de lien avec une potentielle réserve est indiscutable. Pour ces hypothèses, les indications fiables sont indécelables. Les seules silhouettes à se découper sur les crêtes sont celles des poteaux électriques, les seuls signaux de fumée à monter dans le ciel empestent le fuel et sortent des wigwams de béton dans lesquels les braves sont en pantoufles et non en mocassins. Quand on pose une oreille sur le sol pour écouter la prairie, on n’entend que la cavalcade des chevaux-vapeur de l’autorail qui va de Mende à la Bastide ou à Marvejols. Et les kayaks qui descendent les cours d’eau ne sont que les canoës des clubs sportifs ou de location.


Un indien dans Villefort

 

Par contre, des réserves, il y en a. Une réserve de loups, mais ils sont à poils alors que les Indiens sont à plumes. Une réserve de bisons, mais ce sont des bisons d’Europe. Un espace ou l’on protège des chevaux de Prewalski qui sont polonais. Quant aux vautours, bien qu’ils aient des plumes, ils sont bien de chez nous. Impossible donc de trouver en Lozère des Indiens sur les sentiers de naguère. Dommage, car à l’heure ou certains cotés contestables de la modernité commencent à pénétrer sur le territoire de la tribu gabale, les Indiens pourraient-nous faire-part de leur expérience et connaissance des différences entre tradition bovine et buffalo-grill, entre la juste bataille pour le pemmican et les infâmes guerres du jerrican, entre la Terre, mère nourricière, et terre vulgaire zone d’activités économiques. Autant d’évolutions par lesquelles le Lozérien et bien d’autres risquent fort de finir parqués en une définitive pause-tipi, et sur lesquelles j’émets bien des réserves. Entre des aspirants réservistes ressourcés par une absence de résipiscence et resserrant leur étau un peu plus chaque jour et d’expirants réservés résignés assignés à changer de résidence, s’ouvre la voie d’une résistance résurrectionnelle qu’aucun filet même à résille ne retiendra.
Indien réservé en Lozère


N’oublions pas une dernière trace d’Inde laissée par Colomb en Lozère, celles des infusions. Les thés indiens, chantés par Joe Dassin sont célèbres. C’est en voyant le capitaine de caravelle faire infuser ses feuilles de thé, habitude qu’il contracta lors de ses voyages, que l’idée vint à nos ancêtres de faire de même avec les feuilles de calament à grandes fleurs, calamintha grandiflora, nom savant du thé d’Aubrac. Moins connu, il offre aussi d’excellentes tisanes aux saveurs mentholées et aux vertus digestives et apaisantes reconnues, grâce la qualité des plantes et de l'eau utilisée.


Les thés indiens ont inspiré le thé d'Aubrac
Lozérix – Grand manie-tout et sachem Chely d’Apcher.

samedi 14 février 2015

Merle, un oiseau qui n’avait guère de religion

Mathieu Merle accompagné de la Mort
Gravure de 1589 - Archives de Lozère
Le capitaine Mathieu Merle, ce qu’en dit l’Histoire
Mathieu Merle est né à Uzès en 1548. A 24 ans, il est intendant au château d'Astorg de Peyre (Gévaudan) lorsque celui ci est assassiné la nuit de la St Barthélémy. Sa veuve Marie de Crussols l'aide alors à recruter une troupe solide. Le vengeur du baron de Peyre va devenir le maître du Gévaudan et l'un des grands chefs protestants du Languedoc. Génial capitaine, il engagera une guerre cruelle et sans merci aux catholiques. Merle s'emparera de Mende dans la nuit de Noël en 1579, pillera la ville et détruira sa cathédrale. Merle ne fut pas un vulgaire aventurier. Il fit la guerre pour le parti huguenot, sous la direction d’Henri de Navarre. Il la fit de manière efficace et ses cruautés s'expliquent, en partie, par les mœurs barbares de cette époque. A son départ, le Gévaudan semblait sortir d'un tremblement de terre : villes, forteresses, églises, cathédrale, tout était en ruines.

Ce que l’Histoire ne dit pas
Le Capitaine Mathieu Merle était un oiseau de mauvais augure. Tel un vautour des Cévennes, il est tombé toutes serres dehors sur les Lozériens qui baillaient aux corneilles. C’était le temps ou de noirs corbeaux gardaient noué sur les yeux des manants l’épais bandeau de l’ignorance par l’usage du latin, langue barbare s’il en est, enfermant la population dans le culte du fils cloué du dieu d’Abraham. Déjà détournés des anciens dieux par la volaille qui fait l’opinion, nos braves gens d’alors furent pris entre les partisans des volaillers d’acajou abritant les Papes de Rome et des réformistes austères et sévères qui nichaient sous des cieux germaniques, personnages toujours aussi étrangers à la terre Gabale. La situation n’était pas chouette et la chair de poule faisait frissonner tout le Comté de Gévaudan.

Pris entre ces deux feux, les lozériens furent les dindons de la farce, massacrés par les uns, génocidés par les autres, chacun leur volant dans les plumes avec la même fureur holocaustique. On ne fait pas d’omelette sans casser d’œuf, et nos soudards ne se privèrent pas de monter sur leurs ergots. Des familles entières, des villages entiers, des villes entières, Grèzes, Marvejols, Le Malzieu, Mende, la Terre de Peyre furent pillées, les populations abattues en plein vol, sans qu’aucune oie, du Capitole ou d’ailleurs, même dotée d’un regard d’aigle, ne put jamais prévenir l’assaut de ces fanatiques, fous de dieu comme les albatros sont fous de Bassan. Le fil des épées tranchait rendant les gorges rouges. Les premières escopettes, dont certaines à trois canons dites escopettes triple-buses, délivraient leurs toussives rafales de paon paon paon, maniées par des mercenaires en uniforme pied-de-poule, mettant du plomb dans l’aile aux cervelles campagnardes. En l’absence de maréchaussée due à la désorganisation du royaume, le bon peuple déjà éprouvé par une épidémie d'oeil-de-perdrix, ne pouvait compter ni sur les gens d’armes ni sur les poulets.
 
Lozérien dans le rôle du dindon sur le point d'être farci

Bien des cigognes et bien des livraisons de bébés gabales seront nécessaires pour repeupler nos landes meurtries comme un sorbier après le passage d’un nuage d’étourneaux. Les martin-pécheurs se sont longtemps repu des cadavres putréfiés dérivant sur les eaux des rivières. Le flottage de corps fut tel que les mouettes et les goélands des bassins de l’Atlantique et de la Méditerranée s’en sont gavés jusqu’à avoir le foie gras comme celui d’un canard landais. Non seulement le coq gaulois ne lançait plus son triomphal cocorico sur le pays des sources, mais les habitants jusque la gais comme des pinsons se faisaient désormais hacher menu jusqu’à paraître pâté de grives après avoir été attirés par des miroirs-aux-alouettes. Les Gabales risquaient fort de faisander.

Grives et pâté de grives

Il faudra attendre qu’Henri le Navarrais, pourvoyeur national de poule au pot, daigne descendre de son perchoir pour mettre un terme aux exactions et clouer le bec de son vilain petit canard, par un édit qu'il signa de son porte-plume pélican. La légende raconte que sa nourrice ayant sevré Merle trop tôt et passé au régime tonimalt dès six mois, ces carences lactées firent de lui un faucon malté au sang qui bout.


Humphrey Bogart (à droite) et un faucon maltais (à gauche)
Mais le plus grand crime de ce rapace charognard fût de naître à Uzès, en pleine terre doryphore. Non content de ne pas être d’argile, ce pigeon était voyageur.

Lozerix – Signe d’étang & cygne des temps

samedi 7 février 2015

Le lozérien est-il un être supérieur ?

Silvain-Sucellus
dieu forestier romo-gaulois
Musée de Javols

L’erreur des démocrates est de croire que leur vérité en soit une pour tout le monde, et force l’adhésion.
André Suarès (1868-1948), Trois hommes, Moi et Démocratie

 

Cette question est à la fois saugrenue, dérangeante, troublante, malvenue, intéressante, humoristique, inutile, importante, déplacée, malsaine, incontournable, mais surtout, elle est fondamentale. Du côté de ceux qui contribuent à la pérennité de l’idée gabale, qui maintiennent allumée la flamme de l’identité gabalitaine, qui veulent perpétuer l’existence géographique, linguistique, culturelle de la Lozère, pour les identitaires-à-terre qui ont toujours les pieds plantés dans ce matriciel mélange rassurant, gras et odorant de terre agricole et d’engrais naturel, et la tête dans l’azur limpide et cristallin qui tel une cloche à fromage protège notre mère patrie des agressions extérieures, nous répondons sans ambage et sans ambiguïté : oui. Et ce n’est pas une affirmation gratuite, c’est un constat. Gratuit lui aussi d’ailleurs, car il est hors de question de monnayer nos réflexions et arguments, très sensibles que nous sommes à ne pas chatouiller le caractère du montagnard qui a le porte-monnaie délicat et près du cœur.

Le lozérien a un caractère doux, enjoué et primesautier

Supérieur, oui donc, mais sur quel plan ? Pas dans un plan sur la comète. Le lozérien est trop terrien du terroir pour étayer ses caractéristiques déjà atterrantes et spartiates de considérations spatiales extraterrestres. Alors d’ou le Lozérien tire t-il cette supériorité ? De la génétique ? A ce jour, rien ne permet de le dire. Tout au plus on peut supposer que les millénaires passés d’une vie rythmée par les impératifs de l’économie rurale, au grand air, avec une nourriture saine et une activité physique intense, ont permis à l’homo-lozerianis de développer une résistance active aux divers microbes, bacilles, virus et de limiter la mortalité induite par la rencontre avec ces agents pathogènes. Ces pures supputations sont toutefois démenties par les chiffres connus concernant les épidémies de peste et de grippe espagnole.

Le Lozérien est-il intellectuellement supérieur ? Délicate question qui tient déjà à la nébulosité et la volatilité du concept de l’intellect. Si l’on s’en tient à l’intelligence, qu’en est-il du Lozérien. Est-il plus, moins ou autant intelligent que les autres ? Comment le mesurer ? On voit vite que la discussion s’avance en terrain mouvant, sur une pente aussi savonneuse qu’un toit de lauzes recouvert de neige gelée. Quant à tenter d’établir une proportion entre la population et le nombre de personnages « illustres », au-delà du peu de rationalité d’une telle méthode, on verra vite qu’elle ne plaidera pas vraiment notre faveur. Et qu’est ce qu’un personnage illustre ? Un esprit éclairé comme au siècle des lumières ? On connaît des sombres idiots illustres et des personnages ténébreux célèbres. La lueur de l’intelligence éclaire les yeux de parfaits inconnus, alors que d’obscurs abrutis brillent par leur bêtise. Toutefois, en catégorie militaire, comment ne pas citer le vice-amiral Jacques Choupin natif de Saint-Chély d'Apcher, qui fut pacha du porte-avions Foch avant de terminer sa carrière comme commandant supérieur des forces armées en Polynésie française, de 1980 à 1982, et Augustin Trébuchon, né au Malzieu-forain, berger à Saint Privat du Fau et dernier mort officiel de la 1ère guerre mondiale.

Le Lozérien est-il physiquement supérieur ? Est-il plus grand, plus fort, va t-il plus vite, plus haut, plus loin ? La aussi, force est de constater que la question est difficile à poser et que les réponses sont fatalement indisposées. Si quelques sportifs du cru ont des résultats qui dépassent les limites provinciales, c’est cuit pour la masse des quidams anonymes.

Le Lozérien est-il spirituellement supérieur ? Si on entend, et nous ne sommes pas sourd à cet argument, par spiritualité la proximité de l’âme avec des instances d’inspiration divine, alors on peut avancer, après avoir pris un peu de recul, que quelques Lozériens sont supérieurs : Guillaume de Grimoard par exemple, qui termina sa carrière à Avignon avant d’être statufié à Mende en pape Urbain V. Et aussi tous ces croyants reliés aux voies de leurs divers panthéons dont ils tiraient une foi qui permis aux précurseurs du néolithique d’ériger leurs nombreux et pesants mégalithes sur le causse de Sauveterre et sur le Méjan, sur la cham des Bondons et jusqu'en Margeride, aux celtes d’aménager de nombreuses clairières de culte, aux catholiques de bâtir force chapelles, églises et une cathédrale, et aux protestants de protester, résister et s’imposer face aux oppressions. Une parenthèse : tous ces gens de grande foi n’en ont toutefois pas eu assez pour déplacer les montagnes et rompre cet isolement si décrié par les pourfendeurs de l’enclavement géographique. Néanmoins, il s’agit la d’une supériorité dans les actes, une supériorité du « faire » et non du « être ». Distinction qui a son importance, tant il est vrai qu’à l’âge du « faire », on abat beaucoup d’êtres, avec une hachante délicatesse qui n’est pas sans rappeler l’âge du bronze.

Mégalithes - menhirs de Roumaldis, causse de Sauveterre
Photo : Ocdolmen/Megalithic Portal

Alors, finalement, d’où le Lozérien tire t-il cette supériorité ?
Tout bonnement de cette acrobatique figure de science politique qu’est la démocratie parlementaire. Vous savez ce que je pense de ces subtils artifices nés dans les antiques cités grecques, qui permettent aujourd’hui aux colonisateurs parisiens de maintenir leur pouvoir chez nous. N’empêche qu’une étude des circonscriptions électorales montre que s’il faut 200 000 têtes de veau pour avoir un parlementaire, il suffit de 79 999 (estimation 2013) lozériens pour avoir un député. Pas de quoi être dépités, pour une fois ! Donc, pour reprendre chiffres et exemples de l’étude, un (1) électeur lozérien vaut environ trois (3) électeurs du Val d’Oise. Parce que ces derniers sont oisifs ? Non ! Car le lozérien est dans ce domaine supérieur, alors que nous sommes des nains démographiques*. Mais la politique c’est mystère et boules de gnomes.

Podium de la supériorité démocratique


Ne faisons cependant pas un complexe de cette supériorité qui nous échoie et qui nous est chère, on finirait par nous le reprocher.

Lozérix – Démogratte-cul et cynorhodon parlementaire

* : La Lozère était découpée en deux circonscriptions, avec deux députés, jusqu'en 2010.
A propos de Jacques Choupin
A propos d'Augustin Trébuchon